« Quand l’embryon part braconner »

Wakamatsu, aujourd’hui âgé de 81 ans, a fait ce film en 1966. Quarante ans après, voilà son œuvre interdite aux moins de 18 ans, ce qui condamne sa diffusion. Pas de pornographie, mais une violence sadienne stylisée, typiquement japonaise. En son temps d’autres films d’autres pays avaient eu maille à partir avec la censure, comme «Salo ou les 120 journées de Sodome», de Pasolini. Ce qui étonne dans cette histoire, c’est toujours que la «protection» des jeunes entre 16 et 18 ans s’effectue sur les œuvres cinématographiques, alors que toute la violence s’étale sur des sites Internet qui proposent des extraits de reportages ou des caméras cachées montrant des viols, des tortures, des exécutions, souvent sans demander si l’internaute a plus de 18 ans (et que vaut la réponse ?) Il est vrai que ces films n’ont pas, comme celui de Wakamatsu, été présentés dans des festivals d’art et d’essai… Laissez donc «Quand l’embryon part braconner» vivre sa vie probablement discrète, puisque réservée à quelques cinéphiles de plus de 16 ans, dans des studios du Quartier Latin parisien ! Nous-mêmes irons le voir, puisque nous avons un âge où on ne nous demandera même pas notre carte d’identité.